Demander de l’aide : brisons ce tabou ; quand l’indépendance tutoie la fierté !

 

Après avoir déménagé à l’autre bout du monde, j’ai rapidement commencé à me rendre compte que les valeurs de l’éducation américaine que j’avais reçue étaient centré autour d’un mot : l’indépendance. Je suis extrêmement fière de la façon dont mes parents ont semé cette graine depuis bien avant ma naissance, en veillant à ce que je sache toujours quelle était la valeur d’un dollar, malgré le fait que nous appartenons à la classe moyenne supérieure. Cette notion m’est restée, devenant un pilier et l’une de mes valeurs fondamentales en tant que jeune adulte. Je suis venue en Europe grâce à mon propre argent et je vis ici depuis l’âge de 21 ans, en étant financièrement indépendante de ma famille.

 

Et je travaille dur pour continuer à appliquer ces valeurs, mais le travail n’a pas grand chose à voir avec tout cela.

 

Récemment, j’ai remarqué que ma fierté de vouloir être indépendante m’avais empêchée de demander de l’aide quand j’en avais le plus besoin. Il y a quelques semaines, je suis allé en Israël pour rendre visite à mon frère, un voyage inouï dans une vie. J’ai utilisé mon téléphone trois fois pour un appel téléphonique, sachant pertinemment que les frais seraient d’une centaines d’euros, rien qui ne m’empêcherait d’imputer cette somme sur mon budget du mois prochain. Imaginez alors ma surprise quand je suis rentrée à la maison et que j’ai découvert une facture de 2160 euros et mon service téléphonique coupé.

 

Beaucoup d’entre nous, aujourd’hui, n’ont pas de compte épargne. Je ne gagne pas assez pour mettre de l’argent de côté tous les mois et, bien que je sois en paix avec moi-même sur ce point, je me demande toujours au fond de moi, quand la prochaine urgence ou la prochaine dépense inattendue surviendra, et lorsque je perds le sommeil, je réfléchis à la façon dont je devrai payer toutes les factures accumulées. Je me suis alors rendue compte d’une chose, lentement mais sûrement, et cette chose c’est qu’il y aura toujours un autre problème, une dépense ou une urgence qui nécessitera un plan B.

 

Pour les chanceux, notre plan de secours est un appel téléphonique à nos parents. Pendant longtemps, j’ai refusé cela. Dans ma tête, qu’ils sachent que je luttais, que je devais manger des pâtes et du beurre de cacahuètes (pas ensemble) pendant des semaines, ou que je n’avais pas la possibilité de sortir, ferait de moi un échec complet. J’allais les décevoir en demandant leur aide. Je me suis mise toute seule dans cette position (même si la plupart du temps, ce n’est que la vie qui vous entraine dans ce genre de situations, sans que ce soit réellement votre faute). En réalité, j’avais honte d’avoir besoin d’aide.

 

Pour moi, le succès équivaut à l’indépendance financière. Le succès signifie n’avoir besoin de l’aide de personne. Le succès signifie tout faire tout seul.

 

Mon « indépendance » s’est vite transformé en mon pire ennemi.

J’ai refusé de demander de l’aide à qui que ce soit, en cachant le fait que je mangeais sur mes réserves jusqu’au prochain chèque de paie, que je vendais des bijoux, que je m’isolais, que je disais que j’étais “malade” pour éviter de sortir et de dépenser et bien sûr je ne disais à personne que je tomberais dans une dépression.

 

Avec l’arrivée de la facture téléphonique, j’étais certaine que je pourrais la payer, mois après mois (pendant une durée interminable, mais bon, peu importais). Emportée par le tourbillon de la vie, j’ai oublié d’appeler la société de téléphonie et de demander l’option de paiement de la facture, mois après mois. Je suis en route vers l’aéroport, je prends de l’argent pour mes vacances de deux semaines et je découvre alors que ma carte est bloquée. Ils ont retiré les 2 000 euros de mon compte, me laissant avec près de 1 500 euros de dette sur mon compte bancaire. S’en sont suivis une crise de panique, des larmes, un sentiment d’échec et un appel téléphonique très redouté à mes parents.

 

Le but de cet article n’est pas de discuter de la question de la précarité financière ni de faire une tribune sur comment s’en sortir tout seul, un combat bien difficile. Il s’agit ici, de vous laisser l’opportunité d’apprendre, grâce à vos d’expériences et à la mienne, et de vous autoriser à demander de l’aide lorsque vous en avez besoin.

 

Pourquoi est-ce si difficile de demander de l’aide ou un soutien émotionnel ? Pourquoi demander de l’aide est-il si souvent associé à des sentiments d’échec, de fierté, de désespoir ou de stress ? Pour moi, tout cela signifie que je n’en ai pas fait assez. Je ne pouvais pas voir cela venir, je n’ai pas assez économisé, je ne suis pas assez bonne, je suis faible, je ne mérite pas d’aide.

 

Mais ce n’est pas vrai. Selon les mots de ma mère et coach de vie, Cindy Battino, “Traitez-vous comme si vous étiez votre meilleur ami.” Imaginez que les mots ci-dessus sortent de leur bouche. Cela vous blesserait de les entendre dire ces choses. Honnêtement, personne ne peut voir la vie venir – personne ne peut prédire ce qui se passera dans les prochaines heures, jours ou mois.

 

Personne ne peut voir dans le futur, alors nous devrions cesser d’agir comme si nous le pouvions.

 

En fin de compte, je pense qu’il s’agit de trouver un équilibre en vous-même, une bataille que la plupart d’entre nous, vivent quotidiennement. Nous devons changer la définition que nous avons d’être « forts » pour réfléchir à la capacité de demander des choses lorsque vous en avez besoin, être capable de dire : « J’ai besoin de votre aide » ou « J’ai fait une erreur » sans se sentir honteux. Nous sommes humains et imparfaits, notre force vient de cela, pas de la perfection.

 

Après avoir réfléchi sur ces sentiments, j’ai demandé de l’aide. J’ai demandé à ma communauté d’amis proches de m’aider à trouver une solution, et je l’ai fait. Un avocat m’a aidé à contrer les frais de la facture téléphonique et j’économise un peu (très peu) mois par mois. J’ai trouvé des solutions auxquelles je n’aurai jamais pensé, parce que j’ai changé ce que signifiaient, pour moi, les mots « indépendance » et «réussite».

 

Ne vous mettez pas en travers de votre bonheur. Ne vous laissez pas vous empêcher d’obtenir l’aide dont vous avez besoin.

 

Demande et tu recevras.

 

Patricia Seidel

 

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